Concept global
Nous vivons une révolution, celle de l’avènement de l’intelligence artificielle. Comme toute révolution technologique, nous n’en aurons pleine conscience que dans l’avenir. Tel le feu de Prométhée, l’IA va changer profondément nos sociétés et notre conception du monde. Le cinéma a toujours tenté de proposer des visions de ce que sera l’intelligence artificielle et de son impact sur notre monde. De façon réaliste, poétique ou apocalyptique, il a projeté l’IA dans notre imaginaire collectif.
Cette série explore cette représentation de l’intelligence artificielle à travers certains mythes cinématographiques qui ont marqué cette imaginaire commun comme la trilogie Matrix (Wachowski), Terminator 1 et 2 (Cameron) ou encore A.I. Intelligence Artificielle (Spielberg) parmi tant d’autres comme Blade Runner, Alien (R. Scott), Ghost in the Shell (Oshii) et bien-sûr 2001 : l’odyssée de l’espace (Kubrick). Entre fascination, crainte et utopie, ces films posent des questions fondamentales sur le rapport entre l’humain et la machine, le rêve et la simulation, la liberté et le contrôle. En utilisant des pellicules 35 mm originales, fragments matériels d’un langage cinématographique disparu, je crée des œuvres qui transforment chaque photogramme en pixel. Ces pixels, assemblés, recomposent les symboles de la mémoire collective cinématographique liés à l’IA. Chaque cellule 35 mm devient numérique dans sa forme (pixel) et dans sa fonction (« carte » mémoire).
Intégration de l’IA dans le processus
Cette série ne se contente pas de représenter l’IA : elle l’intègre réellement dans son processus créatif. Je me suis volontairement aidé d’une intelligence artificielle générative pour organiser mes intuitions et structurer la narration. Ainsi, l’IA devient co-auteur conceptuel et incarne la thématique de la série : un miroir de notre rapport à la machine, où l’humain garde la main mais se nourrit du dialogue avec l’algorithme. Mais l’algorithme se nourrit du dialogue avec l’humain…pourtant l’algorithme ne fera jamais de l’IA une artiste.
Finalement, cette cooperation entre l’humain et la machine renvoit directement à celle entre la pellicule argentique, littéralement organique puisque composée de gélatine face aux sujet qu’elle représente au moyen du langage binaire et pixelisé du numérique, dans sa langue faite de 1 ou de 0, de blanc ou de noir, de plein ou de vide, en dénonçant son sujet, en nous avertissant, en le montrant au grand jour, en le projetant sous nos yeux, à la lumière.
Le numérique a littéralement tué la pellicule. L’IA fera-t-elle de même avec nous, humains? L’IA deviendra-t-elle consciente ? Je les fais se réconcilier, coopérer en même temps que je le fais avec l’IA pour essayer de faire naître, à l’instar du cinéma et des films mis en avant, une reflexion sur ce qui finalement fait de nous des être vivants et pensants, sur notre humanité, et il semble que la forme artistique fasse pleinement partie de la réponse.
L’homme conceptualise l’IA à travers l’art. L’homme invente L’IA. L’IA aide l’homme à conceptualiser l’Art.
Axes narratifs
1. Origines / Le mythe
L’IA comme rêve et projection humaine.
Inspiré de A.I. Intelligence Artificielle (Spielberg).
#PINOCCHIO 2.0
référence au mythe de l’automate qui rêve d’humanité.


Descriptif
TITRE / TITLE : #PINOCCHIO 2.0 – série ANALOG DIGITAL COOPERATION : HUMAN – MACHINE COOPERATION
ARTISTE / ARTIST : Tom L
ANNÉE / YEAR : 2026
TECHNIQUE / TECHNIQUE
118 cellules issues de la bande-annonce originale du film AI Intelligence Artificielle de S. Spielberg, 2001
Support : pellicule 35 mm, toile plastique transparente, papier argenté
Éclairage LED à 3 niveaux – alimentation autonome 5000 mAh
FORMAT / DIMENSIONS
Œuvre : 36,5 x 55 cm
Cadre : 52 x 72 cm
EXEMPLAIRE / EDITION
Exemplaire n°0 sur 5 (épreuve d’artiste)
Chaque exemplaire est unique, car les photogrammes sont différents






2. La conscience / Le choix
L’IA comme miroir de nos décisions, illusions et libertés.
#TIME MACHINE
#TIME MACHINE
Avec #Time Machine, la DeLorean de Back to the Future devient à la fois icône générationnelle et opérateur critique. Machine fictionnelle capable de traverser les époques, elle est ici reconstruite à partir de cellules argentiques issues de Back to the Future Part III. Ce choix crée un paradoxe fondateur : représenter un dispositif futuriste à partir d’un support analogique aujourd’hui disparu.
Dans le film, la DeLorean permet de circuler entre passé, présent et futur. Dans l’œuvre, cette circulation devient médiatique. Le voyage temporel se transforme en traversée des supports. La pellicule 35 mm — trace chimique de lumière, succession mécanique de photogrammes — est réassemblée selon une logique proche du pixel. Chaque cellule agit comme une unité d’information primitive, révélant que l’analogique contient déjà en germe le numérique.
Ce geste rejoint une perspective d’archéologie des médias : aucune technologie ne surgit ex nihilo, elle procède d’une stratification. Le numérique n’efface pas l’argentique ; il en constitue une reconfiguration. En transformant la pellicule en matrice visuelle, l’œuvre matérialise cette continuité technique.
Mais #Time Machine est aussi une œuvre de mémoire.
Né en 1983, j’appartiens à une génération pour laquelle la DeLorean symbolisait un futur désirable — un futur encore porté par l’émerveillement technologique. Formé à la projection 35 mm avant la transition numérique, j’ai accompagné la disparition progressive des bobines, du montage manuel, du bruit mécanique des projecteurs. J’ai vu le support se transformer.
La DeLorean devient alors métaphore de ce basculement : le cinéma analogique imaginait l’avenir sans savoir que son propre médium allait disparaître. Recomposer cette machine à partir de sa pellicule originale revient à faire dialoguer deux temporalités : celle du film et celle de l’histoire des images.
Le temps n’est pas seulement thème iconographique ; il est matière. Le cinéma analogique est une technologie du temps — projection séquentielle de fragments lumineux. En découpant et en réassemblant ces fragments, je rejoue l’opération même du montage : manipuler le temps, le recomposer, le faire circuler autrement.
Dans la série Human / Machine / Cooperation, #Time Machine occupe une position charnière. Là où #Analog Neural Core interroge l’origine fictionnelle de l’intelligence artificielle, où #Machine Vision questionne la mutation du regard, cette œuvre traite du substrat temporel des technologies.
La DeLorean cesse d’être un simple véhicule narratif. Elle devient allégorie du passage de l’analogique au numérique — non comme rupture brutale, mais comme translation progressive, comme palimpseste technique.
#Time Machine affirme ainsi que toute innovation est déjà une mémoire.Le futur est inscrit dans les supports du passé.Et la véritable machine à voyager dans le temps est peut-être le cinéma lui-même.








Descriptif
TITRE / TITLE : #TIME MACHINE – série ANALOG DIGITAL COOPERATION – Human Machine Cooperation
ARTISTE / ARTIST : Tom L
ANNÉE / YEAR : 2026
TECHNIQUE / TECHNIQUE
158 cellules issues de la pellicule originale du film Retour vers le Futur III (R. Zemeckis, 1990)
Support : pellicule 35 mm, toile plastique transparente, feuilles plastique colorée, feuilles argentées
Éclairage LED à 3 niveaux – tactile – alimentation autonome 5 000 mAh
FORMAT / DIMENSIONS
Œuvre : 36,5 x 55 cm
Cadre : 52 x 72 cm
EXEMPLAIRE / EDITION
Exemplaire n°1 sur 2
Chaque exemplaire est unique, car les photogrammes sont différents.
Signé, numéroté et fourni avec un certificat d’authenticité et une fiche œuvre au dos
#BINARY WHITE RABBIT
le lapin blanc.


Descriptif
TITRE / TITLE : #BINARY WHITE RABBIT – série ANALOG DIGITAL COOPERATION : HUMAN – MACHINE COOPERATION
ARTISTE / ARTIST : Tom L
ANNÉE / YEAR : 2025
TECHNIQUE / TECHNIQUE
72 cellules issues de la bande-annonce originale du film Matrix Revolution de Lilly Wachowski et Lana Wachowski, 2003
Support : pellicule 35 mm, toile plastique transparente, feuille plastique colorée
Éclairage LED à 3 niveaux – alimentation autonome 5000 mAh
FORMAT / DIMENSIONS
Œuvre : 36,5 x 55 cm
Cadre : 52 x 72 cm
EXEMPLAIRE / EDITION
Exemplaire n°0 sur 30 (épreuve d’artiste)
Chaque exemplaire est unique, car les photogrammes sont différents
#R.E.D / B.L.U.E
pilule rouge / pilule bleue. « Avaler la pilule ». Rester dans l’ignorance ou choisir de se confronter au réel.


Descriptif
TITRE / TITLE : #B.L.U.E-R.E.D – série ANALOG DIGITAL COOPERATION : HUMAN – MACHINE COOPERATION
ARTISTE / ARTIST : Tom L
ANNÉE / YEAR : 2026
TECHNIQUE / TECHNIQUE
128 cellules issues de la bande-annonce originale du film Matrix Reloaded de Lilly Wachowski et Lana Wachowski, 2003
Support : pellicule 35 mm, toile plastique transparente
Éclairage LED à 3 niveaux – alimentation autonome 5000 mAh
FORMAT / DIMENSIONS
Œuvre : 36,5 x 55 cm
Cadre : 52 x 72 cm
EXEMPLAIRE / EDITION
Exemplaire n°0 sur 30 (épreuve d’artiste)
Chaque exemplaire est unique, car les photogrammes sont différents
Concept
Inspirée par la scène fondatrice de Matrix, #B.L.U.E-R.E.D interroge le moment du choix à l’ère de l’intelligence artificielle. La pilule bleue et la pilule rouge ne sont plus ici des symboles de fiction, mais les métaphores d’une décision contemporaine : accepter l’opacité confortable des systèmes numériques ou affronter leur fonctionnement, leurs implications et leur pouvoir sur nos vies. L’œuvre est construite à partir de pellicules 35 mm, support analogique devenu obsolète, réorganisées en une écriture visuelle proche du pixel numérique. Chaque cellule, mémoire physique d’un film, agit comme une unité de donnée, rappelant que toute intelligence — humaine ou artificielle — repose sur des fragments de mémoire, sélectionnés, assemblés, interprétés. Sans lumière, l’œuvre demeure silencieuse, presque abstraite.
Avec la lumière, elle se révèle, comme une information activée, faisant écho au fonctionnement même des systèmes numériques et de l’IA : invisibles sans interface, omniprésents une fois activés.#b.l.u.e–r.e.d ne propose pas de réponse.Elle met le spectateur face à une responsabilité : celle du regard, du choix et de la conscience dans un monde où la machine devient un acteur à part entière de la décision humaine.






#HUMAN VISION
lunettes de Morpheus.


Descriptif
TITRE / TITLE : #HUMAN VISION – série ANALOG DIGITAL COOPERATION : HUMAN – MACHINE COOPERATION
ARTISTE / ARTIST : Tom L
ANNÉE / YEAR : 2025
TECHNIQUE / TECHNIQUE
94 cellules issues de la bande-annonce originale du film Matrix Reloaded de Lilly Wachowski et Lana Wachowski, 2003
Support : pellicule 35 mm, toile plastique transparente
Éclairage LED à 3 niveaux – alimentation autonome 5000 mAh
FORMAT / DIMENSIONS
Œuvre : 36,5 x 55 cm
Cadre : 52 x 72 cm
EXEMPLAIRE / EDITION
Exemplaire n°0 sur 30 (épreuve d’artiste)
Chaque exemplaire est unique, car les photogrammes sont différents






#PROGRAM VISION
Lunettes de l’Agent Smith.


Descriptif
TITRE / TITLE : #PROGRAM VISION – série ANALOG DIGITAL COOPERATION : HUMAN – MACHINE COOPERATION
ARTISTE / ARTIST : Tom L
ANNÉE / YEAR : 2025
TECHNIQUE / TECHNIQUE
94 cellules issues de la bande-annonce originale du film Matrix Reloaded de Lilly Wachowski et Lana Wachowski, 2003
Support : pellicule 35 mm, toile plastique transparente, feuille plastique colorée
Éclairage LED à 3 niveaux – alimentation autonome 5000 mAh
FORMAT / DIMENSIONS
Œuvre : 36,5 x 55 cm
Cadre : 52 x 72 cm
EXEMPLAIRE / EDITION
Exemplaire n°0 sur 30 (épreuve d’artiste)
Chaque exemplaire est unique, car les photogrammes sont différents





#1-0 : ANALOG BINARY CODE
Langage numérique/ support analogique.
L’œuvre #1-0 : Analog Binary Code est issue du film Matrix Revolution qui constitue une référence centrale dans la série : film-matrice de la pensée numérique, il met en scène un monde gouverné par le code, où la réalité n’est qu’une simulation. En utilisant la pellicule du film lui-même pour générer le langage binaire, j’opère une mise en abyme critique : le code ne précède plus le réel, il en est issu.
Ce déplacement rejoint la critique de Baudrillard, pour qui la simulation finit par effacer la distinction entre original et copie. Ici, l’original — la pellicule analogique — redevient visible, tangible, et perturbe l’illusion d’un numérique autonome. Le code apparaît alors non comme une entité abstraite, mais comme une construction culturelle héritée, nourrie par des images, des récits et des supports historiques.


Descriptif
TITRE / TITLE : #PROGRAM VISIO#1-0 :ANALOG BINARY CODE – série ANALOG DIGITAL COOPERATION : HUMAN – MACHINE COOPERATION
ARTISTE / ARTIST : Tom L
ANNÉE / YEAR : 2026
TECHNIQUE / TECHNIQUE
173 cellules issues de la bande-annonce originale du film Matrix Revolution de Lilly Wachowski et Lana Wachowski, 2003
Support : pellicule 35 mm, toile plastique transparente, feuille plastique colorée
Éclairage LED à 3 niveaux – alimentation autonome 5000 mAh
FORMAT / DIMENSIONS
Œuvre : 36,5 x 55 cm
Cadre : 52 x 72 cm
EXEMPLAIRE / EDITION
Exemplaire n°0 sur 30 (épreuve d’artiste)
Chaque exemplaire est unique, car les photogrammes sont différents






#BLOODY SMILEY
Cette œuvre reprend l’iconographie du smiley taché de sang issu du film Watchmen (Zack Snyder, 2009), figure emblématique devenue symbole culturel global. Initialement conçu comme un signe graphique narratif, le smiley a depuis été absorbé par le langage numérique contemporain sous la forme d’émoticône, perdant progressivement sa charge critique et politique…..
Réalisée à partir de pellicules 35 mm issues du film lui-même, l’œuvre opère un retour à la source matérielle de l’image. Chaque unité visuelle est constituée de fragments de cinéma analogique, transformant un symbole universellement dématérialisé en une composition faite de mémoire, de temps et de matière.
Ce déplacement interroge la trajectoire des images dans l’histoire des médias : du récit cinématographique à l’icône pop, puis au pictogramme numérique standardisé. Là où l’émoticône vise une communication immédiate, simplifiée et émotionnelle, la pellicule introduit une résistance matérielle, rappelant que toute image est le produit d’un contexte, d’un récit et d’un support.
Le smiley de Watchmen, porteur d’une ambiguïté morale et d’une critique du mythe du héros, devient ici le lieu d’une tension entre surface joyeuse et violence latente. La goutte de sang, reconstruite à partir du film, agit comme une trace irréductible du réel, perturbant la neutralité apparente du signe.
En reconstituant un langage graphique numérique à partir d’un médium obsolète, l’œuvre révèle le paradoxe central de notre culture visuelle : plus les images se simplifient et se diffusent, plus leur origine matérielle et narrative tend à disparaître.
En reconstituant un langage graphique numérique à partir d’un médium obsolète, l’œuvre révèle le paradoxe central de notre culture visuelle : plus les images se simplifient et se diffusent, plus leur origine matérielle et narrative tend à disparaître.
#BLOODY SMILEY (Watchmen) propose ainsi une réflexion sur la perte de sens à l’ère de la communication instantanée, et sur la capacité du support analogique à réactiver la mémoire critique des images.


Descriptif
TITRE / TITLE : #BLOODY SMILEY
ARTISTE / ARTIST : Tom L
ANNÉE / YEAR : 2026
TECHNIQUE / TECHNIQUE
250 cellules issues de la bande-annonce originale du film Watchmen : les Gardiens (Z. Snyder, 2009)
Support : pellicule 35 mm, toile plastique transparente
Éclairage LED à 3 niveaux – tactile – alimentation autonome 5 000 mAh
FORMAT / DIMENSIONS
Œuvre : 36,5 x 55 cm
Cadre : 52 x 72 cm
EXEMPLAIRE / EDITION
Exemplaire n°1 sur 8
Chaque exemplaire est unique, car les photogrammes sont différents.
Signé, numéroté et fourni avec un certificat d’authenticité et une fiche œuvre au dos






3. La peur / L’apocalypse
L’IA comme puissance hors de contrôle, menace pour l’humanité.
Inspiré de Terminator et Terminator 2 : Le Jugement Dernier (James Cameron).
#ANALOG NEURAL CORE
#Analog Neural Core s’inscrit dans une réflexion sur la généalogie des systèmes techniques et la matérialité de l’intelligence artificielle. L’œuvre reconstitue le processeur du T-800 dans Terminator 2: Judgment Day — élément fictionnel dont la récupération par Cyberdyne Systems permettra la création de Skynet — en le transformant en objet critique.
Dans le film, ce composant est à la fois trace du futur et origine d’un système autonome capable de supplanter l’humanité. Il incarne la figure classique de l’emballement technologique, héritière des théories cybernétiques de Norbert Wiener, où la machine devient système auto-régulé et potentiellement incontrôlable.
L’artiste opère ici un renversement conceptuel. Le processeur est construit à partir de papier doré et argenté, évoquant l’iconographie des circuits imprimés, tandis que ses « puces » sont composées de cellules argentiques issues du film lui-même. Le cœur de la machine est donc constitué d’images analogiques, support matériel d’une mémoire cinématographique.Ce déplacement met en tension deux régimes techniques :le numérique, fondé sur l’abstraction binaire et la calculabilité ;l’analogique, fondé sur la continuité, la trace et la matérialité.
À la lumière des travaux de Gilbert Simondon sur l’individuation technique, l’œuvre suggère que la machine ne surgit jamais ex nihilo : elle est le résultat d’une stratification historique. Le « cerveau » de Skynet, loin d’être une rupture radicale, apparaît ici comme un assemblage issu d’un médium obsolète. L’intelligence artificielle est recontextualisée comme héritage plutôt que comme mutation absolue.
En intégrant des fragments de pellicule — support marqué par le temps, l’usure et la projection — dans la structure d’un processeur fictionnel, Analog Neural Core matérialise le paradoxe central de la série Human / Machine / Cooperation : la pensée machinique contemporaine repose sur des archives culturelles produites par l’humain.
Le geste de découpe et d’assemblage renvoie également au montage cinématographique. En tant que projectionniste formé à l’argentique, l’artiste transpose le geste technique — couper, coller, réorganiser — dans la construction d’un « noyau neuronal ». La programmation devient montage ; l’algorithme devient composition matérielle.
Ainsi, l’œuvre ne se limite pas à représenter un objet iconique du cinéma de science-fiction. Elle interroge la mythologie du progrès technologique en révélant que derrière chaque système intelligent se trouvent des images, des récits et des supports hérités.Le processeur brisé, censé empêcher l’avènement de Skynet, devient ici un artefact critique : une machine pensée comme archive.


Descriptif
TITRE / TITLE : #ANALOG NEURAL CORE – série ANALOG DIGITAL COOPERATION : HUMAN – MACHINE COOPERATION
ARTISTE / ARTIST : Tom L
ANNÉE / YEAR : 2026
TECHNIQUE / TECHNIQUE
100 cellules issues de la bande-annonce originale du film Terminator 2 : le jugement dernier de James Cameron, 1991
Support : pellicule 35 mm, toile plastique transparente, feuille plastique colorée, feuille dorée
Éclairage LED à 3 niveaux – alimentation autonome 5000 mAh
FORMAT / DIMENSIONS
Œuvre : 36,5 x 55 cm
Cadre : 52 x 72 cm
EXEMPLAIRE / EDITION
Exemplaire n°0 sur 12 (épreuve d’artiste)
Chaque exemplaire est unique, car les photogrammes sont différents






#SKULL.EXE
Crâne métallique.


Descriptif
TITRE / TITLE : #SKULL.EXE – série ANALOG DIGITAL COOPERATION : HUMAN – MACHINE COOPERATION
ARTISTE / ARTIST : Tom L
ANNÉE / YEAR : 2026
TECHNIQUE / TECHNIQUE
93 cellules issues de la bande-annonce originale du film Terminator 2 : le jugement dernier de James Cameron, 1991
Support : pellicule 35 mm, toile plastique transparente, feuille plastique colorée, feuille argentée
Éclairage LED à 3 niveaux – alimentation autonome 5000 mAh
FORMAT / DIMENSIONS
Œuvre : 36,5 x 55 cm
Cadre : 52 x 72 cm
EXEMPLAIRE / EDITION
Exemplaire n°0 sur 12 (épreuve d’artiste)
Chaque exemplaire est unique, car les photogrammes sont différents






#MACHINE VISION
#Machine Vision interroge la transformation contemporaine du regard à l’ère des systèmes automatisés. L’œuvre représente les lunettes portées par le T-800 dans Terminator 2, accessoire à la fois dissimulateur et révélateur : elles masquent la nature machinique du cyborg tout en signalant une perception radicalement autre.
Recomposées à partir de cellules argentiques issues du film, ces lunettes deviennent un dispositif critique. Chaque fragment de pellicule, porteur d’une mémoire matérielle, participe à la construction d’un regard qui, dans la fiction, relève du calcul, du ciblage et de l’analyse algorithmique. Un pixel en plastique rouge vient rompre l’homogénéité du support et évoque l’œil cybernétique du Terminator : vision thermique, superposition de données, lecture probabiliste du réel.
L’œuvre s’inscrit dans une réflexion élargie sur les « régimes scopiques » (Martin Jay) et sur la mutation du regard analysée par Jonathan Crary. Là où la modernité avait déjà dissocié la vision de l’expérience corporelle, l’ère numérique radicalise cette séparation : voir ne signifie plus percevoir, mais traiter des flux d’informations. La vision machinique, telle qu’explorée par Harun Farocki, substitue à l’image sensible une image opératoire.
Dans ce contexte, #machine vision opère un renversement : la représentation d’un regard algorithmique est construite à partir d’un médium analogique obsolète. La pellicule — surface photosensible marquée par le temps et la projection — redevient support d’un regard artificiel supposé immatériel. Ce déplacement révèle la stratification historique des technologies : le numérique n’efface pas l’analogique, il en procède.
En dialogue avec #Human Vision (les lunettes de Morpheus) et #Program Vision (les lunettes de l’Agent Smith), l’œuvre participe à une typologie des regards contemporains :
- regard humain, critique et réflexif
- regard programmatique, inscrit dans une structure systémique
- regard machinique, orienté vers l’optimisation et la performance.
#Machine Vision ne se limite pas à l’iconographie d’un film culte. Elle questionne la manière dont nos dispositifs techniques redéfinissent la perception elle-même. À travers ce regard reconstruit, l’œuvre suggère que la vision contemporaine n’est plus uniquement humaine : elle est partagée, augmentée, parfois concurrencée par des systèmes qui observent, analysent et décident.


Descriptif
TITRE / TITLE : #MACHINE VISION – série ANALOG DIGITAL COOPERATION : HUMAN – MACHINE COOPERATION
ARTISTE / ARTIST : Tom L
ANNÉE / YEAR : 2025
TECHNIQUE / TECHNIQUE
79 cellules issues de la bande-annonce originale du film Terminator 2 : le jugement dernier de James Cameron, 1991
Support : pellicule 35 mm, toile plastique transparente, feuille plastique colorée
Éclairage LED à 3 niveaux – alimentation autonome 5000 mAh
FORMAT / DIMENSIONS
Œuvre : 36,5 x 55 cm
Cadre : 52 x 72 cm
EXEMPLAIRE / EDITION
Exemplaire n°0 sur 30 (épreuve d’artiste)
Chaque exemplaire est unique, car les photogrammes sont différents
#ANALOG ANAMORPHIC KILLER Sculpture. (Projet)
Sculpture taille réelle. Luminaire.

#ANALOG MONOLITH Sculpture (Projet)
Le monolithe de 2001, l’odyssée de l’espace (S. Kubrick, 1968)
Le monolithe de 2001 : l’Odyssée de l’Espace est un symbole absolu : celui de la connaissance, du mystère et de l’éveil de l’intelligence.
Objet muet, sans visage ni message, il déclenche pourtant les plus grands bouleversements — l’apparition de la conscience, la naissance de la technique, le passage de l’animal à l’homme, puis de l’homme à la machine. Un hommage à Kubrick et à la matière du cinéma.
Reproduire ce monolithe en taille réelle — 3,50 m de haut sur 1,50 m de large, entièrement recouvert de bandes de pellicule noire 35 mm — c’est avant tout un hommage. Un hommage à 2001, œuvre matricielle du cinéma de science-fiction, mais aussi un hommage au support lui-même : la pellicule argentique. Chaque bande, sans image apparente, est une surface sensible, une mémoire matérielle du cinéma. En recouvrant le monolithe, ces bandes forment une peau noire et miroitante qui ne laisse rien voir, mais reflète tout. Elles captent la lumière du lieu, le mouvement des visiteurs, l’environnement lui-même — comme si le monolithe observait le monde qu’il reflète.
Projectionniste, passeur de lumière
En tant que projectionniste, mon métier a toujours consisté à faire passer la lumière à travers la matière. Avant que le numérique ne dématérialise le cinéma, chaque projection était un acte physique : dérouler, monter, réparer, faire passer la lumière à travers les photogrammes pour donner vie à l’image. Ce geste, répété des milliers de fois, est au cœur de ma démarche artistique : transformer la pellicule en vecteur de pensée. Dans #Analogic Monolith, la lumière interne — discrète, vibrante — rappelle celle du projecteur. Elle ne montre rien, mais elle révèle tout : elle réactive le symbole, elle suggère que la connaissance, comme le cinéma, naît de la lumière traversant la matière. La lumière réfléchie : miroir de conscience. Contrairement à mes autres œuvres, le Monolithe ne laisse pas passer la lumière : il la renvoie. Cette inversion symbolique est essentielle.Là où la projection faisait vivre l’image par la transparence, ici la lumière se heurte à la matière et revient vers le spectateur.Ce n’est plus une œuvre à contempler, mais une œuvre à expérimenter.Le visiteur se voit dans la surface noire du monolithe, et c’est dans ce reflet qu’il devient partie intégrante de l’œuvre. Le monolithe ne projette rien — il révèle ce qui le regarde.
De l’outil à l’intelligence
Dans 2001, la découverte de l’outil par l’homme primitif marque le début de la connaissance. Aujourd’hui, c’est l’homme moderne qui découvre l’intelligence artificielle, nouvelle forme d’outil, nouveau miroir. Le monolithe devient ainsi le symbole d’une continuité entre l’instinct, la technique et la conscience. Le bâton du singe de Kubrick, brandi vers le ciel, trouve ici son prolongement dans une forme parfaite, lisse, géométrique, saturée de mémoire et de sens. La pellicule, matière du passé, recouvre l’objet du futur. C’est le geste du projectionniste qui relie ces deux époques — le passeur entre la lumière et la matière, entre l’humain et la machine.
Une œuvre silencieuse, pleine et consciente
Ce Monolithe de pellicule ne projette aucune image, mais il contient toutes les images possibles. Il ne parle pas, mais répond par le silence. Il invite à la contemplation, à la lenteur, à la réflexion — dans les deux sens du terme. Dans sa surface sombre, chacun peut voir son propre visage, son propre mouvement, son propre questionnement sur l’intelligence, sur la mémoire et sur le temps. Le monolithe ne s’éclaire pas : il réfléchit. Et dans ce geste simple, presque sacré, il rappelle ce que le cinéma, l’art et la pensée ont toujours cherché à faire : nous renvoyer notre propre lumière.
