
Bienvenue dans mon portfolio artistique.
Mon travail explore la pellicule 35 mm comme médium de création, en interrogeant la place du cinéma dans notre mémoire collective et la façon dont ses supports traversent le temps. À l’ère de la dématérialisation numérique, je choisis de redonner une matérialité à ces fragments de films : chaque cellule devient une trace tangible, porteuse de mémoire et d’histoire, bien au-delà de sa fonction première de simple image reproductible.
La pellicule est vivante. Composée en partie de gélatine, comme toutes matières biologiques, elle se détériore et subit les assauts du temps. J’essaie de lui donner une ultime chance de voir la lumière, de la projeter, pour qu’elle révèle et retranscrive une dernière fois la puissance artistique qu’elle porte.
La lumière occupe une place centrale dans cette démarche. Elle est liée à mon métier de projectionniste, elle est intrinsèquement liée au cinéma. Mes œuvres se lisent en deux temps : sans lumière, elles offrent une composition graphique et silencieuse ; éclairées, elles révèlent le contenu cinématographique des pellicules. Ce basculement donne à voir l’image sous un autre angle : ce n’est plus seulement un pixel, mais un fragment de film qui retrouve toute sa puissance évocatrice et mémorielle.
Texte de cadrage – Usage artistique des pellicules 35 mm
Les œuvres sont réalisées à partir de fragments de pellicules 35 mm originales issues de copies de projection. Ces fragments, considérés non comme des supports de diffusion mais comme des objets matériels, deviennent ici un médium artistique à part entière. Ils sont les témoins tangibles d’un cinéma disparu de la salle, que l’artiste réinvente en une matière picturale de lumière et de mémoire.
Il ne s’agit pas de reproduire ou d’exploiter les films dont les pellicules sont issues, mais d’en révéler la charge poétique et mémorielle. Chaque fragment agit comme une cellule vivante, un pixel analogique qui, une fois assemblé, compose une image nouvelle.La lumière y joue un rôle essentiel : éteinte, l’œuvre se lit comme une structure abstraite de mémoire ; allumée, elle se réanime, et la pellicule retrouve le souffle lumineux du projecteur. Cette alternance révèle la tension entre matérialité et immatérialité, entre l’empreinte argentique et la dématérialisation numérique de l’image.
Cette démarche s’inscrit dans le champ de la création contemporaine et du réemploi critique des matériaux filmiques. Elle interroge la mémoire collective, la transformation du regard, et la persistance du support comme trace d’un geste cinématographique devenu rare. Chaque œuvre affirme le droit de créer à partir de la matière du cinéma — non pour le reproduire, mais pour le célébrer et le réinventer.
Le portfolio se compose de plusieurs ensembles :
HUMAN – MACHINE COOPERATION : une série consacrée aux représentations cinématographique de l’intelligence artificielle. Dialogues visuelles entre l’humain et la machine, entre la cellule analogique et le pixel numérique.
I❤️CINEMA : une série consacrée à l’Amour et à l’amour du cinéma.
ANALOG SHADOWS : une exploration de l’univers cinématographique du célèbre chevalier noir, transformées en compositions pixelisées à partir de pellicules originales.
Projets divers : recherches, prototypes et pièces en cours, qui ouvrent sur de nouvelles perspectives artistiques. Chaque série constitue un corpus autonome, mais toutes participent à une même réflexion : préserver et réactiver la mémoire du cinéma en donnant à la pellicule une nouvelle vie, à la frontière entre l’analogique et le numérique.